Supervision de la pratique professionnelle : mode d’emploi

En quoi consiste un groupe de supervision ?

Chaque participant établit un « contrat de supervision », basé sur une demande la plus précise possible.

Un groupe de supervision peut intégrer différents aspects propres à d’autres groupes de travail, en fonction du niveau d’avancement professionnel du participant :

  • Un groupe de parole et d’échange sur la pratique, en évitant de se borner à « parler autour » des cas difficiles, mais en cernant les aspects pragmatiques.
  • Un groupe d’analyse de la pratique, où le projecteur est mis sur le patient, sur son évolution. Il s’agit dans ce cas « d’analyser », en remettant à plus tard la phase concrète de l’« amélioration ».
  • Un groupe de co-vision, où les participants s’informent mutuellement de leurs questionnements, de leurs échecs ou de leurs réussites.
  • Un groupe de formation, où le formateur transmet un contenu et vérifie qu’un savoir-faire a pu être acquis.

 

Les demandes formulées par les participants peuvent concerner le fait de recevoir une aide :

  • pour le diagnostic
  • pour le plan de traitement
  • pour explorer transfert et contre-transfert
  • pour rechercher une tache aveugle commune entre le patient et le thérapeute supervisé
  • pour rechercher un processus parallèle entre le patient et le thérapeute supervisé
  • pour recevoir soutien et encouragement

La supervision sera d’autant plus profitable qu’elle aura été soigneusement préparée  selon le canevas suivant :

  • Présentation sommaire du patient
  • Quelle est la demande de supervision concernant ce cas (trouver des options thérapeutiques, confirmer ou compléter un diagnostic, repérer les raisons d’un échec, recevoir un  retour sur l’attitude globale face au patient…
  • Quelle était la plainte initiale du patient, quel contrat thérapeutique a été accepté, où se situe la difficulté rencontrée vis-à-vis du contrat global ?
  • Qu’est-ce qui a déjà été mis en place comme traitement, qui a été efficace, et qui ne l’a pas été .

 

Le superviseur peut dans certains cas, informer le supervisé qu’à son avis, la protection de ses patients  passe par

  • la reprise d’une tranche de thérapie personnelle, axée sur un thème particulier
  • la limitation de l’action du supervisé en dessous d’un seuil d’intensité pathologique, ou selon certains types de patients ( par exemple ne pas accepter pendant un certain temps de border-line, ou de paranoïaques, ou d’hystérique… )

Le supervisé s’engage à accepter cette confrontation à une parole d’autorité, et en cas de désaccord à argumenter dans un climat respectueux et professionnel.

 

Il faut garder en tête que la supervision vise à

  • l’amélioration de la pratique thérapeutique du supervisé
  • l’élimination de tout risque d’intervention toxique
  • la protection du patient, même si la fragilité narcissique du thérapeute devait être mise en cause, induisant alors la nécessité d’une reprise ou d’une intensification de sa thérapie personnelle.